Aidons les aujourd'hui
à ne plus avoir besoin de nous, demain.


Huit étudiants de troisième année en Soins Infirmiers de la Croix Rouge de Limoges ont effectué un stage de six semaines en février mars 2017 au CHU Campus de Lomé au Togo.
Durant leur séjour, ils ont été accueillis par Roger Sodji et les enfants de la Ferme Orphelinat de Yovokopé.
Nous souhaitons vous faire partager le témoignage de Clémence, une des élèves.

 » Orphelinat de Badja Avedji où la plus belle journée de ce séjour togolais. Il est impossible de raconter ce que j’ai pu ressentir au plus profond de moi même aujourd’hui. Alors je vous le décris comme si vous ne connaissiez pas l’endroit. Nous sommes arrivés à Badja où nous avons attendu une personne de l’orphelinat pour nous guider au site.
Après 30 minutes de chemin terreux et sinueux nous voilà arrivés sur un terrain immense avec beaucoup de bâtiments. Un orphelinat accueillant 536 enfants et 52 personnels, waouh mais comment est-ce possible ?
Curieux et heureux d’être sur le lieu, nous sommes accueillis par le directeur de l’établissement. Nous procédons à la visite des différentes classes où les orphelins et démunis travaillent
actuellement. Ils accueillent du CP à la terminale et disposent d’une classe agricole avec le jardin et les animaux. Ils ont une case destinée à la récolte de maïs, à la couture, au rangement des tracteurs, d’un moulin pour écraser le maïs et une case « santé ». Un lieu ordonné, équipé d’une pharmacie, propre, d’une salle d’hospitalisation, d’un laboratoire qu’ils veulent équiper, d’une salle de consultation et une pour les pansements. Nous avons pu rencontrer le personnel soignant, à qui nous avons pris le temps d’expliquer notre projet d’écriture de deux feuilles concernant la vaccination. Infirmière et matrones ont écouté, nous les avons fait
répéter. J’espère que ce document pourra au moins servir de guide ou de repère quant aux délais des rappels des vaccins et des conseils à suivre après une injection. Affaire à suivre.
Nous avons ensuite visité les dortoirs filles et garçons qui sont
entourés par les chambres du personnel pour les protéger. On note déjà l’ambiance familiale et protectrice.
Lors du petit déjeuner et du repas, les enfants sont ordonnés,
silencieux, respectueux, à l’écoute et disciplinés !
Ils attendent à la queue leu leu pour obtenir leur repas et couvert, que tout le monde soit servi pour entamer le repas, pas besoin de les reprendre.
Ça fait plus d’un mois qu’on vit dans une atmosphère non organisée, sans anticipation, sale et voici que nous tombons dans un orphelinat à l’opposé de cela. Tout ça grâce au personnel, à l’éducation donnée mais surtout à la grande majorité je pense, grâce au Papa Sodji Roger comme le nomment les enfants.
Roger… un dieu. Je n’ai jamais connu dans mon existence une personne si dévouée, simple, généreuse, modeste et grandiose. C’est un soleil.
Quand on le remercie de tout cœur pour cet accueil si merveilleux qu’il nous offre, que personne d’autre pourrait nous faire (alors que nous sommes finalement que des inconnus), il répond que c’est nous qu’il remercie d’être là… pas besoin de reconnaissance, tout au naturel. Je suis époustouflée de voir le travail qu’il fournit et son
dévouement infini pour ces orphelins et démunis. Il connaît le prénom de tous les enfants, ces derniers le vénèrent et le considèrent comme le sauveur et ils le peuvent. Il veut que tout soit égal entre chaque enfant, il prône cette valeur, ainsi que le partage, aider son prochain et être solidaire et fraternel.
J’ai été gênée par cet accueil qui me paraissait trop luxueux quant au peu de chose que nous avons apporté. Certes c’était déjà un geste d’apporter matériel médical, cahier, stylo, ballon mais nous sortir des fauteuils, des canettes et un repas un peu plus copieux que les enfants m’a gênée même si je sais que c’est naturel chez eux. L’après midi nous avons passé du temps avec les enfants qui nous ont offert un
« spectacle » de danse, art, chants mais quelle beauté. Quasi 600 personnes, enfants et personnels mélangés, autour de nous à chanter, danser, taper des mains avec les musiciens, la joie de vivre, les rires, les sourires. C’était magique à vivre. Indescriptible. Ce qui était rigolo c’est que les enfants caressaient notre peau, ils ne semblent pas voir de YOVO tous les jours. Ils nous touchent beaucoup les cheveux, mains et nous offraient des sourires à n’en plus finir
ainsi que des poignées de mains ou câlins.
Je souhaite à tout le monde qui a envie de participer à une œuvre humanitaire de rencontrer un Roger. Il a donné sa vie pour voir sourire les enfants et recevoir leur joie le suffit amplement à consoler les difficultés à gérer ce lieu. Une personne d’une telle motivation est un réel exemple et sa modestie fait toute sa richesse.
J’espère revenir, sincèrement, après mon diplôme, m’investir dans ce coin de paradis, mélangé entre difficulté financière, matérielle et de la vie des enfants ainsi que d’amour, de fraternité, de famille, de volonté de réussir.
Quand fut venu le temps des au revoir avec les enfants, avec qui on a déjà pu tisser des liens avec grands et petits, avec qui on a dansé comme jamais, j’ai perçu Roger et j’ai ressenti une immense émotion me saisir la gorge. J’étais émue, de tout ce qu’il nous a donné en une journée ; fière du travail et de la rigueur fournis par les enfants à l’école ; étonnée d’une telle organisation au sein de l’orphelinat ;
ravie du bonheur que dégagent les enfants ; triste de quitter cette grande famille et ce grand homme qu’est Roger. C’est après de multiples remerciements, embrassades et sourires que nous sommes rentrés à la maison le cœur noué et l’esprit débordant d’émotions. »